Grenelle départemental de l’Energie : contribution d’élus communistes sur les questions énergétiques
La coupure de courant du 3 novembre 2008 qui a affecté la partie Est de la Région PACA a eu au moins un point positif, c’est de mettre sur le devant de la scène la fragilité de l’approvisionnement électrique des Alpes-Maritimes. En effet, cela fait maintenant 25 ans que le problème d'alimentation électrique des Alpes-Maritimes et du Var est posé.
Par contre, on constate malheureusement que des sujets cruciaux pour l'avenir du département, comme l'énergie, le traitement des déchets ou les déplacements ne sont absolument pas abordés comme les priorités des priorités par la puissance publique.
Cela fait des années que l'État et les responsables politiques du département en restent quasiment au niveau du constat, sans pour autant travailler à des solutions durables.
Ce n'est pas une solution qui résoudra de tels problèmes, mais une multitude d'actions plus ou moins lourdes qui auraient déjà du être mises en place dans une logique de cohérence, car le temps presse. Cela relève donc d’abord d’une volonté politique, tant au niveau de l’Etat que des collectivités territoriales. Mais aussi doit s’inscrire dans une approche globale reliant les sujets évoqués plus haut et s’appuyer sur une démarche démocratique et transparente où les populations, les associations et les élus puissent prendre toute leur place afin d’éviter les péripéties que nous avons connu dans un passé récent. Tout cela souligne que seule une politique de maîtrise publique des enjeux énergétiques est à même de répondre à ces défis qui concernent le droit à l’énergie, l’aménagement équilibré du territoire et des schémas de développement mesuré et durable. En matière de volonté politique et de maîtrise publique, plusieurs questions se posent :
- S’il est vrai qu'en 2006, la décision du Conseil d'État d'annuler la construction de la ligne 400 000volts Boutre/Carros a pu surprendre, pourquoi depuis 2006 aucune autre proposition de tracé n'a été représentée ? D’autant plus que RTE (gestionnaire du réseau de transport, filiale d'EDF) a étudié plusieurs projets alternatifs ?
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Pourquoi le passage entre la limite sud du Verdon et le nord du camp militaire de Canjuers ne serait pas une solution ? -
Pourquoi, à partir de Boutre, la ligne ne suivrait-elle pas la 225 000 V en direction de Toulon pour ensuite partir perpendiculairement afin de suivre en aérien le parcours de la future voie du LGV méditerranée ?
ALIMENTATION ELECTRIQUE DU 06
Le problème est de deux ordres :
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Le manque de puissance qui, en période de pointe de froid ou de très fortes chaleurs, aura pour effet d'avoir un courant de mauvaise qualité voire des coupures pour certains secteurs du département. -
La sécurité, car en cas d'incident ou de coupure pour cause d'incendie sous la ligne principale qui alimente le 06, tout le monde a pu, le 3 novembre dernier, en constater les conséquences.
Les mesures qui vont être prises par RTE ne prendront effet qu'à partir de 2010 et ne règleront que le problème de puissance et cela pour seulement quelques petites années. La perte de la ligne par accident ou suite à demande pompiers ne sera pas résolue.
Il est impératif que la décision relative à la construction d'une ligne 400 000 volts, qui permettra de régler le manque de puissance et dans le même temps d'offrir un secours suffisant en cas de perte d'une des deux lignes principales, soit prise au plus vite.
Une éventuelle unité de production d'électricité à partir du gaz, telle qu’elle a pu être évoquée de façon informelle, est une fausse solution :
Il est impératif que la décision relative à la construction d'une ligne 400 000 volts, qui permettra de régler le manque de puissance et dans le même temps d'offrir un secours suffisant en cas de perte d'une des deux lignes principales, soit prise au plus vite.
Une éventuelle unité de production d'électricité à partir du gaz, telle qu’elle a pu être évoquée de façon informelle, est une fausse solution :
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le gaz est une énergie fossile limitée dans le temps dont le coût actuel n'est pas des plus abordables
- le gaz est une bonne énergie pour le chauffage, mais ce serait une aberration de s'en servir pour produire de l'électricité
- une unité située dans la plaine du Var, elle aussi abordée, ne serait pas en mesure de subvenir aux besoins de l'ensemble du département
- le seul point positif, pour certains, serait que des intérêts privés puissent avoir un retour sur investissement très rapide et lucratif.
Mais la question de l’alimentation, si cruciale soit-elle ne saurait occulter toutes les autres qui lui sont liées, surtout si l’on souhaite dégager une vue d’ensemble à long terme :
Comment se fait-il que l'on ne parle presque plus des panneaux solaires thermiques, qui produisent de l'eau chaude alors qu'en contrepartie, on multiplie les projets des panneaux photovoltaïques qui n'ont d'intérêt principal que de revendre du courant à EDF et, pour les sociétés qui vendent ce matériel de proposer toute une gamme de services aussi inutiles qu'onéreux.
Pourquoi ne voit-on pas apparaître des projets de méthanisation d'une partie des déchets ménagers et des boues de stations d'épuration avec production possible d'énergie.
Pourquoi tout le travail sur la MDE (Maîtrise de la Demande d'Electricité) n'a-t-il pas été entrepris à la hauteur des enjeux que ce sujet représente et d’abord par les services de l’Etat ? Car, s’il importe d’apporter des réponses aux besoins actuels, le travail en amont sur la demande d’énergie est essentiel. D’abord auprès des collectivités, établissements publics et acteurs économiques locaux, ainsi qu’auprès des particuliers. A cet égard, il conviendrait de mettre un accent particulier également en direction de la jeunesse, en priorité dans les écoles, collèges, lycées et facultés, afin de développer chez les jeunes les gestes éco-citoyens.
Toutes ces questions ainsi que tous ces éléments démontrent qu’une solution durable au problème doit d’abord s’inscrire dans une vision globale à long terme, partant non seulement des besoins mais aussi des ressources, et s’appuyant sur des pratiques démocratiques et transparentes qui permettent d’associer et d’impliquer chacun dans la définition d’issues se situant dans la durée et compatibles avec la capacité de charge du milieu naturel. Elles illustrent également combien le démantèlement du grand service public EDF-GDF est un mauvais coup porté par le gouvernement en rendant la résolution de ces questions tributaire d’une concurrence entre opérateurs privés où le premier impératif est la course à la rentabilité et non pas la satisfaction de l’intérêt général dans le respect des équilibres sociaux et environnementaux.
Jacques VICTOR, Agent E.D.F., Conseiller général des Alpes-Maritimes
Denis LA SPESA, Agent E.D.F., Conseiller municipal d’Antibes
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