La vidéosurveillance à Nice : caméras partout, résultats nulle part !

Publié le par pcf 06

Après ses déclarations sur la création à Nice d’un « service civique » de volontaires qui procèderaient à des « signalements, des identifications, des surveillances »(Nice-matin du 21 Janv.09), sur le fichage ADN : « « Les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance. » (Le Monde, 16/01/2007), le Maire de Nice Christian Estrosi décide d’installer 300 nouvelles caméras de surveillance sur la voie publique.

Ce faisant, utilise-t-il efficacement l’argent pour lutter contre l’insécurité ?

Portée par un marché de la sécurité florissant et valorisée par des politiques d'État, cette technologie n’a pas montré son efficacité :

Elle a été jugée comme n’ayant «qu’ un faible impact sur la délinquance dans les espaces complexes et étendus » (à la différence des lieux clos comme les parkings), selon un rapport du 10 decembre 08,du Sénat Français lui-même.

Sans parler des travaux de chercheurs outre-manche qui concluent tous à l’inefficacité de la vidéosurveillance pour lutter contre la criminalité, aux coûts exorbitants, et aux risques pour les libertés individuelles.

Pourquoi inefficace ? Parce que les installations ont été laissées aux entreprises qui ont fait ça à la va-vite, que la moitié des systèmes sont inutilisables dans la nuit (trop éblouies ou trop sombres), et que le principal problème, c’est le tri de l’information, et le manque de moyens humains mis derrière : Parce que le rapport du Sénat conclut que les dispositifs existants sont à repenser avec moyens humains renforcés.

Or, contredisant ses promesses de campagne, le Maire recrute 50 policiers municipaux à la place des 200 promis. Qui va-t-il mettre derrière les écrans ?

Le coût? Le plan 300 caméras à Nice est estimé à 15 Millions d’euros sur deux ans.

C’est l’équivalent de la dépense pour trois crèches, ou cinq bibliothèques de quartier, ou encore une école et demie.

C’est aussi la moitié de la somme que les niçoises et niçois débourseront en plus, avec l’augmentation de leurs impôts locaux !

Se contredisant,( « Plus on prend les gamins en charge par les sports moins ils viendront de l'Ariane vers Jean Médecin pour casser », Nice Matin du 18 Fev 09*), le même Maire supprime en outre, l'animation de rue dans le quartier populaire de l’Ariane.

Animation qui, pourtant, grâce au dévouement de ses animateurs municipaux, vacataires, et jeunes adultes du quartier qui les secondaient bénévolement, permettait à plus de 80 gamins de l'Ariane ces dernières années, d’échapper au désœuvrement des pieds d'immeubles pour participer, gratuitement, à des activités sportives, artistiques et culturelles. Ces enfants, que l'Animation de Rue occupait intelligemment, que feront ils désormais de leur désœuvrement ?

(à noter que les articles du même quotidien ont bien mis en évidence que les casseurs condamnés suite aux dégradations des 3 et 10 Janvier étaient issus de tous les quartiers de Nice et que l'Ariane n'était pas sur représentée)

L’argent public ne doit pas être utilisé pour des politiques de communication , sans réel impact sur la vie des citoyens. Pour leur sécurité, c’est d’une politique de l’efficacité et de la proximité, dont les niçoises et niçois ont besoin.

Emmanuelle Gaziello, conseillère Municipale PCF de Nice

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