JO 2018 : Plus vite, plus haut, plus pauvre ?

Publié le par pcf 06

Communiqué de Noël ALBIN - Francis TUJAGUE - Jacques VICTOR
Conseillers Généraux communistes des Alpes-Maritimes


En ces temps d’œcuménisme olympique, beaucoup voudraient nous montrer du doigt comme les vilains moutons noirs instillant une voix discordante dans un élan unanime d’enthousiasme pour la candidature de Nice aux Jeux Olympiques d’Hiver en 2018. Nous serions donc les grincheux de service mégotant le soutien à cette initiative et par extension au mouvement sportif.

Mais c’est bien précisément par attachement aux valeurs du sport et aux idéaux de l’olympisme que nous ne saurions souscrire béatement à cette « liesse générale » !

A l’heure où est présenté par le gouvernement un budget consolidé du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative s’élevant à 996 millions d’€ contre 1 049 millions d’€ en 2008, soit une diminution de 53 millions d’€ et de 5 %, nous devrions cautionner cette politique d’abandon en souscrivant à une candidature reposant pour l’essentiel sur les collectivités territoriales ? Qui plus est au mépris du plus élémentaire principe de précaution budgétaire dans un contexte où tous les indicateurs économiques annoncent des jours difficiles pour ces mêmes collectivités territoriales ?

Un budget national qui est même largement inférieur au seul budget de notre collectivité, pourtant largement plombé déjà par des transferts de charges de l’Etat non compensés financièrement !

Le mouvement sportif mérite assurément plus de considération, ainsi que nos populations qui voient s’amonceler sur leurs têtes des nuages que l’on annonce chaque jour un peu plus sombres.

Si nous n’avons aucune opposition de principe à une telle candidature, au contraire, il n’est pas question que celle-ci se construise sur le dos de nos concitoyens et du mouvement sportif, quand bien même cela nuirait à l’unanimité si chère au Président du Conseil Général des Alpes Maritimes, Maire de Nice et Président de la CANCA. 

Quand nous constatons dans le projet de budget présenté à l’Assemblée Nationale une baisse par exemple de « 15 % des crédits dédiés aux conventions avec les associations de jeunesse et d’éducation populaire » ou encore de 11 % pour le « programme jeunesse et vie associative », nous imaginons quel peut être le sentiment de ces milliers d’acteurs de terrain qui font vivre le sport au quotidien dans des structures qui sont le vivier du sport de haut niveau. 

Alors des J.O. chez nous, oui, mais pas pour une opération de prestige qui sert de cache-misère au mépris affiché envers tous les éducateurs et les pratiquants de notre département et du pays. Une candidature où l’Etat assumerait enfin toutes ses responsabilités ! 

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