Intervention d'Emmanuelle Gaziello sur l'ouverture, dimanche, de la bibliothèque Nucéra,au conseil municipal du 10 Octobre

Publié le par pcf 06

Sur la 28.7 (acquisition d’ouvrages audiovisuels et multimédias par la bibliothèque Nucéra pour un montant de 200.000 euros)

 

Mme GAZIELLO.- Monsieur le Maire, sur la délibération n° 28.7, je constate l’acquisition d’un fonds vidéothèque et multimédia, fort bien. Cette acquisition, entre 50 000 et 200 000 euros, est à mettre en parallèle avec la suppression des arrêts médiabus ce mois-ci : vallon des Fleurs, ciné Cap de-Croix, Parc impérial, Saint-Pancrace. Ils ont été purement et simplement supprimés en raison de manque de personnel. Cela fait quand même quatre arrêts sur treize existants. Les usagers de ces quartiers ne sont certes pas ceux qui se rendront à la bibliothèque Nucéra le dimanche et pourtant, ils n’auront plus d’accès à la lecture publique. Je voudrais aussi m’associer au vibrant hommage que vous avez rendu, Monsieur le Maire, ainsi que vous, Monsieur Raoul Mille, à Jean-Marie Gustave Le Clézio en tant que niçois, en tant que prix Nobel, c’est vrai que c’est quelque chose de très rare pour Nice. Simplement, je voudrais rappeler que la bibliothèque Nucéra à ce jour ne pourra pas acquérir le prix Nobel de littérature puisque depuis le mois de juillet il n’y a plus aucun budget d’acquisition pour les ouvrages. Je propose donc que le Conseil municipal vote aujourd’hui une rallonge du budget pour que l’on puisse acquérir l’ouvrage de Jean-Marie Le Clézio à Nice, pour que toutes les Niçoises et tous les Niçois puissent le lire dans leur bibliothèque. Je rappelle que 56 000 euros de dotation ont été supprimés entre 2007 et 2008 et que c’est à rajouter aux 150 000 euros supprimés par l’État aussi, à mettre en parallèle avec ce que va coûter l’ouverture le dimanche de la bibliothèque Nucéra, soit environ 50 000 euros selon ce que vos services m’ont communiqué. Vous avez repoussé la délibération n° 39.1 qui permettait d’ouvrir les heures supplémentaires aux cadres B dont l’indice est supérieur à 380 ; si vous persistez à ouvrir la bibliothèque ce dimanche, comment seront alors rémunérés les personnels qui sont concernés ? Vous persistez à l’ouvrir au lieu de répondre à tout ce que je viens de dire, c’est-à-dire la fermeture des bibliothèques de quartier pendant les vacances scolaires dont j’avais déjà parlé le 27 juin, la suppression de cinquante emplois depuis dix ans, cinquante emplois perdus dans les bibliothèques. Je vous pose la question : vous dites vouloir continuer le dialogue social, j’en prends acte, fort bien, d’autant que les personnels des bibliothèques, et pas que la bibliothèque Nucéra mais toutes les bibliothèques, ont été massivement en grève le 27 septembre dernier et qu’ils ont déposé un préavis de grève pour tous les dimanches à venir, suivis en cela par une majorité d’agents qui sont très mécontents de ce manque de dialogue social. Je vous remercie.

M. LE MAIRE.- Je vous remercie. Madame Marland, voulez-vous vous exprimer sur ce sujet ?

Mme MARLAND-MILITELLO.- Madame Gaziello, le dialogue social ne peut pas durer toute l’année. Vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a pas eu de dialogue social alors que j’ai moi-même reçu le personnel trois heures, deux fois de suite, et je me suis rendue à la bibliothèque une troisième fois ; j’ai consacré trois jours de temps complet à dialoguer avec tous les membres des syndicats, individuellement et en groupe. Vous ne pouvez donc pas dire que le dialogue n’a pas existé. Qu’il ne vous convienne pas dans sa conclusion est une chose, mais vous ne pouvez pas en conscience dire qu’il n’y a pas eu de dialogue. D’ailleurs en commission et en CTP, le représentant de la CGT a reconnu qu’on avait beaucoup dialogué. Le maire nous avait missionnés pour cela, je crois pouvoir dire honnêtement que nous l’avons fait avec madame Lévi.

Mme GAZIELLO.- Permettez-moi de répondre que le comité technique paritaire n’a pas été consulté sur l’ouverture le dimanche ; il a été consulté sur l’astreinte des catégories A mais pas sur l’ouverture le dimanche.

Mme MARLAND-MILITELLO.- Vous ne pouvez pas nier que l’on n’a parlé que de cela dans les réunions de concertation entre nous avec tous les syndicats. Je suis même venue sur place pour voir la nature des difficultés que cela pouvait représenter pour les agents.

M. LE MAIRE.- Madame Marland a parfaitement raison, c’est passé en CTP, quinze vacataires ont été prévus, six agents statutaires ; c’est la décision du CTP.

Mme GAZIELLO.- Non, Monsieur le Maire, cela n’a pas été voté en CTP. Le CTP a été informé.

M. LE MAIRE.- Cela a été voté en CTP et je trouve scandaleux que suite à une décision du Conseil municipal d’ouvrir la grande bibliothèque le dimanche après-midi pour répondre aux besoins de la jeunesse, des étudiants qui ont besoin de travailler, de consulter, etc., vous en séance publique, alors que nous avons pris toutes les mesures nécessaires, nous avons engagé toutes les démarches, tout le dialogue social, validé en CTP, vous vous éleviez contre cette mesure. Madame, ça n’est pas très digne, je vous le dis.

Mme GAZIELLO.- Vous m’avez coupé le micro. Le CTP a été informé, il n’a jamais rien décidé de ce que vous dites. C’était une information le 27 juin, rappelez-vous, vous l’avez même précisé, vous avez dit « vous avez de la chance que l’on vous informe ». Il n’y a eu aucune décision du Conseil municipal.

M. LE MAIRE.- Bien. Monsieur Mille, avez-vous d’autres réponses à apporter ?

M. MILLE.- En ce qui concerne les arrêts de bus, cela entre tout à fait dans un caractère tout à fait normal, mais si vous voulez avoir de plus amples renseignements, les services administratifs de monsieur Tassy vous en donneront. Je viens de recevoir une note de mon ami monsieur Giaume qui n’oublie jamais de nous rappeler son admiration pour Cassin. Effectivement, Cassin a reçu le prix Nobel en 1968, mais c’était le prix Nobel pour la paix et non pour la littérature. C’est quand même très important. Mon admiration pour la littérature m’avait fait oublier la paix, mais on ne peut pas oublier la paix bien entendu. Voilà, mon cher Jean-Marc, mon erreur est en partie rachetée, j’espère.

M. LE MAIRE.- Je vous remercie. Je mets donc aux voix les rapports de monsieur Mille.

 

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