0mbres et lumières d’un deuxième tour dans le 06
mercredi 19 mars 2008 / "le Patriote"
Ce département est l’un des plus marquants pour le vote Sarkozy en 2007, avec des tendances connues de l’UMP à une hégémonie dangereuse. Chaque espace de démocratie et de pluralisme est, dans ces conditions, extrêmement précieux. Si le deuxième tour des élections cantonales et municipales marque quelques avancées positives, celles-ci sont limitées et parfois gâchées. Limitées par une sociologie politique souvent difficile. Gâchées par des comportements dommageables du PS azuréen, ou bien de ses différentes dissidences.
Aux cantonales, trois beaux résultats….
Il est ainsi de la réélection de Marc Concas dans le premier canton de Nice. Avec un pluralisme à gauche vivant et très divers au 1er tour, et un rassemblement de toute la gauche, dimanche 16 mars, permettant une dynamique dépassant ses frontières. E.Ciotti, maillon essentiel du dispositif d’Estrosi, a été mis en échec dans sa tentative de ravir ce canton.
Dans l’ouest du département, c’est Marie-Louise Gourdon qui fait gagner les valeurs de progrès, de l’écologie et de l’humanisme contre la mainmise UMP. Là encore avec un pluralisme à gauche au 1er tour, avec un candidat du PCF pour la première fois depuis longtemps, et un rassemblement efficace au deuxième tour. Notons qu’au départ, les instances départementales du PS et des Verts avaient contesté la candidature de Marie Louise Gourdon, à l’audience pourtant importante du fait de ses fonctions à Mouans-Sartoux, avant de finalement se rallier à sa candidature.
Enfin dans le 13ème canton de Nice, Adeline Mouton rassemble 34,36% des suffrages, soit au delà des 30% d’une gauche très dispersée au 1er tour. Gauche de surcroît absente des municipales à Saint André et victime d’une dissidence socialiste à la municipale de La Trinité.
Et une « victoire » peu glorieuse
Reste l’élection de d’A.Damiani à Carros jouant les « pousses toi de là que je m’y mette » pour prendre la suite de Mario Papi, mettant à mal la construction équilibrée de la Communauté de Communes des Coteaux d’Azur et la tradition locale d’un travail commun à gauche. Il profite du poids démographique de Carros pour s’accaparer un mandat qui va l’obliger à … démissionner de celui de Conseiller Régional pour cause de cumul des mandats. Il est élu avec 46,8% des voix. Emile Tornatore en rassemblant 35,44% et arrive en tête au Broc et à Gattières. Le candidat UMP est ramené à 17% des voix, en recul de 5% sur le premier tour. (ce qui montre l’hypocrisie de « l’argument » de Damiani pour justifier sa candidature avant le premier tour : qu’il aurait été le seul à pouvoir faire face à un danger UMP dans ce canton !) Au delà de la victoire « mathématique » acquise, c’est un comportement et une façon de faire qui ne peuvent qu’inquiéter et nuire à toute la gauche.
Vence et Cannes, les mauvais calculs du PS
A Cannes comme à Vence, le PS avait refusé la constitution de liste d’union, exigeant l’élimination de fait des conseillers municipaux communistes sortants. Des primaires ont eu lieu. De la même façon le PS a refusé toute fusion des listes au second tour à Vence. Aucune dynamique à gauche donc. Résultats de ce beau gâchis, des « scores » lamentables pour ces listes PS-Verts au deuxième tour : 13% à Vence et 11,7% à Cannes, contre respectivement 18,5% et 14,4% en 2001. Quant à Menton, ni à la cantonale, ni à la municipale, le troc « PS -UMP en congé » n’aura abouti à des succès. Ce qui, finalement, réconcilie la morale et la politique. D’autant plus qu’une liste soutenue par le PCF et la LCR avait rassemblé plus de 6% au premier tour.
Dans ces villes souvent marquées à droite, il est vain de vouloir faire l’économie du rassemblement à gauche en espérant, de ce fait, gagner en « n’effrayant pas le bourgeois » ou par des montages politiciens.
Nice, un résultat qui comptera
La liste « Changer d’ère » aura donc réuni 33,17% des voix, avec un ancrage à gauche sincère et une ouverture réelle au mouvement social, économique et culturel. (rappelons que le total Allemand + Mottard + Della Sudda + Cael faisait 34% des suffrages exprimés au premier tour. Or ni Cael, ni Mottard n’ont en rien appelé à faire barrage à Estrosi. La liste « Changer d’ère » a réellement rassemblé, malgré le comportement de ces personnalités) Estrosi réunit lui 41,3% des voix et Peyrat 25,5%. Onze conseillers municipaux sont élus à gauche, dont Robert Injey et Emmanuelle Gaziello.
Mais surtout mesurons le chemin parcouru depuis novembre, où Nice Matin donnait Estrosi « facile » dès le premier tour, et la liste « Changer d’ère » plus proche de 15% que de 25%. Le quotidien local aura d’ailleurs nourri consciencieusement la confusion et l’illusion de deux listes « socialistes ». Par son programme, ses propositions et ses rencontres, le travail de la liste « Changer d’ère » aura semé pour le présent et pour l’avenir.
Dans une déclaration sur son blog, modestement ( !) intitulée « J’accuse », P.Mottard évoque les 41% réalisés en 2001 pour critiquer la démarche et les résultats de « Changer d’ère » en 2007. Dans les limites de cet article il est utile de rappeler au moins trois choses.
Premièrement, en 2001, Peyrat seul portait les couleurs de la droite parlementaire et était déjà fort rejeté pour son comportement personnel et ses choix. La liste de gauche avait donc pu alors aisément capitaliser les réflexes « anti-peyrat » qui n’avaient que cette possibilité pour s’exprimer. Il y avait en effet une troisième liste, mais c’était le FN….. En 2007, la situation est tout autre. Le FN a été, entre temps, laminé. Toute l’opération Estrosi est de se maquiller en « changement », face à Peyrat, une « alternative » au sein de la droite. On peut donc toujours comparer, de 2001 à 2007, des choses qui ne sont pas comparables. Mais ce n’est pas intellectuellement correct.
Deuxièmement, depuis septembre 2007 P.Mottard n’a eu qu’une ligne de conduite, « savonner la planche », non pas à la liste « Allemand », mais à la liste qui rassemblait l’essentiel des forces de gauche. Dès sa déclaration unilatérale de candidature, en septembre, il a mis devant le fait accompli de sa démarche personnelle, pas simplement ses collègues socialistes, mais tous les partenaires non socialistes qui travaillaient loyalement avec lui depuis 6 ans.
Troisièmement, ce comportement de nuisance ira crescendo, jusqu’à l’entre-deux tour, avec le refus d’appeler à faire barrage à Estrosi. Au prétexte de la non fusion des deux listes. Quand on voit avec quelle violence et quel mépris P.Mottard considère les colistiers de « Changer d’ère » dans son billet du 17 mars, (1) on voit mal quelle éthique aurait pu présider à une telle fusion.
Donc, avant de dire « J’accuse » aux autres, Patrick Mottard ferait bien de balayer devant sa porte.……Elle est très encombrée, je trouve. A moins que ce ne soit une nouvelle version de l’histoire de l’œil, de la paille et de la poutre.
Quoiqu’il en soit, cette dissidence à Nice, à comme celle locale de La Trinité, auront coûté cher à toute la gauche. Les électrices et les électeurs de gauche à Nice comme à La Trinité, la gauche dans le département, méritent mieux que ces querelles intestines à la sphère social-démocrate. (2)
Jean Paul Duparc
(1) http://patrickmottard.blogspot.com . On trouvera dans ce texte daté du 17 mars, des termes comme « les alimentaires », « les subventionnés », « les ventres mous », « les mercenaires »,………décidément je me réjouis ne n’avoir jamais été adhérent du parti socialiste !! Sans compter « l’union sacrée des clientélismes à gauche »….Et il voulait « fusionner » avec tous ces gens là dans l’entre deux tour…..à ce stade, c’est du masochisme !
(2) sans compter des comportements plus que cavaliers des « têtes de listes » socialistes dans certaines villes : ainsi J.Delahaye à La Trinité qui sitôt élue,….démissionne de son mandat laissant en rade les électeurs qui avaient voté pour elle ; même désinvolture pour la tête de liste socialiste à Antibes, monsieur Dabenne qui doit penser que siéger six ans dans l’opposition, c’est trop ingrat pour lui.
Ce département est l’un des plus marquants pour le vote Sarkozy en 2007, avec des tendances connues de l’UMP à une hégémonie dangereuse. Chaque espace de démocratie et de pluralisme est, dans ces conditions, extrêmement précieux. Si le deuxième tour des élections cantonales et municipales marque quelques avancées positives, celles-ci sont limitées et parfois gâchées. Limitées par une sociologie politique souvent difficile. Gâchées par des comportements dommageables du PS azuréen, ou bien de ses différentes dissidences.
Aux cantonales, trois beaux résultats….
Il est ainsi de la réélection de Marc Concas dans le premier canton de Nice. Avec un pluralisme à gauche vivant et très divers au 1er tour, et un rassemblement de toute la gauche, dimanche 16 mars, permettant une dynamique dépassant ses frontières. E.Ciotti, maillon essentiel du dispositif d’Estrosi, a été mis en échec dans sa tentative de ravir ce canton.
Dans l’ouest du département, c’est Marie-Louise Gourdon qui fait gagner les valeurs de progrès, de l’écologie et de l’humanisme contre la mainmise UMP. Là encore avec un pluralisme à gauche au 1er tour, avec un candidat du PCF pour la première fois depuis longtemps, et un rassemblement efficace au deuxième tour. Notons qu’au départ, les instances départementales du PS et des Verts avaient contesté la candidature de Marie Louise Gourdon, à l’audience pourtant importante du fait de ses fonctions à Mouans-Sartoux, avant de finalement se rallier à sa candidature.
Enfin dans le 13ème canton de Nice, Adeline Mouton rassemble 34,36% des suffrages, soit au delà des 30% d’une gauche très dispersée au 1er tour. Gauche de surcroît absente des municipales à Saint André et victime d’une dissidence socialiste à la municipale de La Trinité.
Et une « victoire » peu glorieuse
Reste l’élection de d’A.Damiani à Carros jouant les « pousses toi de là que je m’y mette » pour prendre la suite de Mario Papi, mettant à mal la construction équilibrée de la Communauté de Communes des Coteaux d’Azur et la tradition locale d’un travail commun à gauche. Il profite du poids démographique de Carros pour s’accaparer un mandat qui va l’obliger à … démissionner de celui de Conseiller Régional pour cause de cumul des mandats. Il est élu avec 46,8% des voix. Emile Tornatore en rassemblant 35,44% et arrive en tête au Broc et à Gattières. Le candidat UMP est ramené à 17% des voix, en recul de 5% sur le premier tour. (ce qui montre l’hypocrisie de « l’argument » de Damiani pour justifier sa candidature avant le premier tour : qu’il aurait été le seul à pouvoir faire face à un danger UMP dans ce canton !) Au delà de la victoire « mathématique » acquise, c’est un comportement et une façon de faire qui ne peuvent qu’inquiéter et nuire à toute la gauche.
Vence et Cannes, les mauvais calculs du PS
A Cannes comme à Vence, le PS avait refusé la constitution de liste d’union, exigeant l’élimination de fait des conseillers municipaux communistes sortants. Des primaires ont eu lieu. De la même façon le PS a refusé toute fusion des listes au second tour à Vence. Aucune dynamique à gauche donc. Résultats de ce beau gâchis, des « scores » lamentables pour ces listes PS-Verts au deuxième tour : 13% à Vence et 11,7% à Cannes, contre respectivement 18,5% et 14,4% en 2001. Quant à Menton, ni à la cantonale, ni à la municipale, le troc « PS -UMP en congé » n’aura abouti à des succès. Ce qui, finalement, réconcilie la morale et la politique. D’autant plus qu’une liste soutenue par le PCF et la LCR avait rassemblé plus de 6% au premier tour.
Dans ces villes souvent marquées à droite, il est vain de vouloir faire l’économie du rassemblement à gauche en espérant, de ce fait, gagner en « n’effrayant pas le bourgeois » ou par des montages politiciens.
Nice, un résultat qui comptera
La liste « Changer d’ère » aura donc réuni 33,17% des voix, avec un ancrage à gauche sincère et une ouverture réelle au mouvement social, économique et culturel. (rappelons que le total Allemand + Mottard + Della Sudda + Cael faisait 34% des suffrages exprimés au premier tour. Or ni Cael, ni Mottard n’ont en rien appelé à faire barrage à Estrosi. La liste « Changer d’ère » a réellement rassemblé, malgré le comportement de ces personnalités) Estrosi réunit lui 41,3% des voix et Peyrat 25,5%. Onze conseillers municipaux sont élus à gauche, dont Robert Injey et Emmanuelle Gaziello.
Mais surtout mesurons le chemin parcouru depuis novembre, où Nice Matin donnait Estrosi « facile » dès le premier tour, et la liste « Changer d’ère » plus proche de 15% que de 25%. Le quotidien local aura d’ailleurs nourri consciencieusement la confusion et l’illusion de deux listes « socialistes ». Par son programme, ses propositions et ses rencontres, le travail de la liste « Changer d’ère » aura semé pour le présent et pour l’avenir.
Dans une déclaration sur son blog, modestement ( !) intitulée « J’accuse », P.Mottard évoque les 41% réalisés en 2001 pour critiquer la démarche et les résultats de « Changer d’ère » en 2007. Dans les limites de cet article il est utile de rappeler au moins trois choses.
Premièrement, en 2001, Peyrat seul portait les couleurs de la droite parlementaire et était déjà fort rejeté pour son comportement personnel et ses choix. La liste de gauche avait donc pu alors aisément capitaliser les réflexes « anti-peyrat » qui n’avaient que cette possibilité pour s’exprimer. Il y avait en effet une troisième liste, mais c’était le FN….. En 2007, la situation est tout autre. Le FN a été, entre temps, laminé. Toute l’opération Estrosi est de se maquiller en « changement », face à Peyrat, une « alternative » au sein de la droite. On peut donc toujours comparer, de 2001 à 2007, des choses qui ne sont pas comparables. Mais ce n’est pas intellectuellement correct.
Deuxièmement, depuis septembre 2007 P.Mottard n’a eu qu’une ligne de conduite, « savonner la planche », non pas à la liste « Allemand », mais à la liste qui rassemblait l’essentiel des forces de gauche. Dès sa déclaration unilatérale de candidature, en septembre, il a mis devant le fait accompli de sa démarche personnelle, pas simplement ses collègues socialistes, mais tous les partenaires non socialistes qui travaillaient loyalement avec lui depuis 6 ans.
Troisièmement, ce comportement de nuisance ira crescendo, jusqu’à l’entre-deux tour, avec le refus d’appeler à faire barrage à Estrosi. Au prétexte de la non fusion des deux listes. Quand on voit avec quelle violence et quel mépris P.Mottard considère les colistiers de « Changer d’ère » dans son billet du 17 mars, (1) on voit mal quelle éthique aurait pu présider à une telle fusion.
Donc, avant de dire « J’accuse » aux autres, Patrick Mottard ferait bien de balayer devant sa porte.……Elle est très encombrée, je trouve. A moins que ce ne soit une nouvelle version de l’histoire de l’œil, de la paille et de la poutre.
Quoiqu’il en soit, cette dissidence à Nice, à comme celle locale de La Trinité, auront coûté cher à toute la gauche. Les électrices et les électeurs de gauche à Nice comme à La Trinité, la gauche dans le département, méritent mieux que ces querelles intestines à la sphère social-démocrate. (2)
Jean Paul Duparc
(1) http://patrickmottard.blogspot.com . On trouvera dans ce texte daté du 17 mars, des termes comme « les alimentaires », « les subventionnés », « les ventres mous », « les mercenaires »,………décidément je me réjouis ne n’avoir jamais été adhérent du parti socialiste !! Sans compter « l’union sacrée des clientélismes à gauche »….Et il voulait « fusionner » avec tous ces gens là dans l’entre deux tour…..à ce stade, c’est du masochisme !
(2) sans compter des comportements plus que cavaliers des « têtes de listes » socialistes dans certaines villes : ainsi J.Delahaye à La Trinité qui sitôt élue,….démissionne de son mandat laissant en rade les électeurs qui avaient voté pour elle ; même désinvolture pour la tête de liste socialiste à Antibes, monsieur Dabenne qui doit penser que siéger six ans dans l’opposition, c’est trop ingrat pour lui.
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